lundi, octobre 19, 2009

Le sexe au confessionnal

Le Confessionnal, Clovis Trouille, 1959


Confesseur : Vous êtes la complice de l'acte impur de votre mari, n'est-ce pas? Par exemple, si, après l'excitation, il mettait son membre dans votre vagin et y versait son sperme, vous ne seriez pas coupable, il y aurait seulement une exagération de l'excitation. Par contre, quand il répand sa semence en dehors de votre vagin, comme ça, dans votre bouche, ou ailleurs, et cætera, vous êtes la complice d'un acte impur.

Pénitente : Alors, dois-je me confesser chaque fois que je veux communier?

Confesseur : Bon, bien entendu, si votre mari insiste pour continuer, vous pouvez dire : je ne suis pas d'accord et vous pouvez vous contenter d'être passive et contrainte. Je ne sais pas si vous me comprenez.

Pénitente : Dans ce cas, je n'aurais pas…

Confesseur : …ce ne serait pas votre faute, car vous dites : «Je suis obligée », et vous êtes comme une personne qu'on prive de sa liberté et qui est contrainte. Mais si, par contre... si par contre, vous pouvez éviter ce comportement bestial de la part de votre mari, alors vous déchargez votre conscience.

Pénitente : Mais j'ai peur de lui dire non, j'ai peur qu'il essaie de trouver ailleurs ce qu'il ne trouve pas avec moi.

Confesseur : Je ne crois pas, madame, je ne le crois pas. Ces... choses qui arrivent souvent, ce sont des déviations bestiales, des excès.

Pénitente : Pourquoi bestiales ? C'est-à-dire, je trouve que... c'est aussi un comportement naturel, non ?

Confesseur : Un comportement naturel ? La chose naturelle c'est que le membre reste dans le vagin, il n'est pas naturel qu'il soit dans la bouche. Ceci peut être un acte d'excitation pour les personnes frigides, je ne sais pas, mais il n'est pas... ce n'est pas normal.

Pénitente : Donc, il peut être admis en tant que préparation?

Confesseur : Il peut être admis en tant que préparation. Voilà, il peut être admis en tant que préparation. Donc, tenez-vous dans ces limites. Ce sont quand même des préparations exagérées, mais elles peuvent exister, parce que dans la vie conjugale, il y a beaucoup de moyens pour s'exciter et pour pouvoir accomplir l'acte conjugal et s'aimer réciproquement et d'un commun accord. Mais, il existe un degré exagéré de jouissance, n'est-ce pas, de jouissance physique, que l'on appelle bestialité. Voilà, seulement les bêtes, qui ne sont pas douées de raison, ont de ces moyens. Mais les bêtes sont plus sages, n'est-ce pas, que les hommes... Du courage, du courage. Malheureusement, voyez-vous, nous les confesseurs et vous les pénitents, nous devons parler ensemble de ces choses qui malheureusement, existent et qui nous mettent… mal à l'aise quand on en entend parler. Donc, du courage : essayez de l'influencer le plus possible. Voilà, donc, je vous donne l'absolution.


Norberto Valentini et Clara di Meglio

Le sexe au confessionnal.

traduit de l’italien par Giancarla Arfeuillière

(Flammarion, Paris, 1973)