jeudi, novembre 19, 2015

l'Union Nationale Socialiste ou la Main Gauche du despotisme


Le socialisme au point de vue de ses moyens d’action. Le socialisme est le fantastique frère cadet du despotisme presque défunt, dont il veut recueillir l’héritage ; ses efforts sont donc, au sens le plus profond, réactionnaires. Car il désire une plénitude de puissance de l’État telle que le despotisme seul l’a jamais eue, même il dépasse tout ce que montre le passé, parce qu’il travaille à l’anéantissement formel de l’individu : c’est que celui-ci lui apparaît comme un luxe injustifiable de la nature, qui doit être par lui corrigé en un organe utile de la communauté. Par suite de cette parenté, il se montre toujours dans le voisinage de tous les déploiements excessifs de puissance, comme le vieux socialiste type Platon à la cour du tyran de Sicile ; il souhaite (il exige à l’occasion) le despotisme césarien de ce siècle, parce que, comme j’ai dit, il voudrait en être l’héritier. Mais cet héritage même ne suffirait pas à ses fins, il lui faut l’asservissement complet de tous les citoyens à l’État absolu, tel qu’il n’en a jamais existé de pareil ; et comme il n’a plus le moindre droit de compter sur la vieille piété religieuse envers l’État, qu’au contraire il doit, bon gré mal gré, travailler constamment à sa suppression puisqu’en effet il travaille à la suppression de tous les États existants, il ne peut avoir d’espoir d’une existence future que pour de courtes périodes, çà et , grâce au plus extrême terrorisme. C’est pourquoi il se prépare silencieusement à la domination par la terreur et enfonce aux masses à demi cultivées, comme un clou dans la tête, le mot de « Justice », afin de leur enlever toute intelligence (après que cette intelligence a déjà bien souffert de la demi-culture) et de leur procurer, pour le vilain jeu qu’elles auront à jouer, une bonne conscience. Le socialisme peut servir à enseigner de façon brutale et frappante le danger de toutes les accumulations de puissance dans l’État, et en ce sens insinuer une méfiance contre l’État même. Quand sa rude voix se mêlera au cri de guerre : « Le plus d’État possible », ce cri en deviendra d’abord plus bruyant que jamais : mais bientôt éclatera avec non moins de force le cri opposé : « Le moins d’État possible. »

Nietzsche, Humain, trop humain. Un livre pour esprits libres, 1878  (Humain, trop humain I, Chap. VIII, Coup d'œil sur l'État)

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dimanche, février 01, 2015

L'assassinat de Charlie - Rétrospective

Charlie à Berlin annonçant, de façon prémonitoire : "Ich Bin Charlie"
Peu de temps avant la tragédie, la protection policière de Charlie très allégée par décision du Service de la Protection et de la Préfecture de police de la ville, tous deux placés sous l'égide du Ministère de l'intérieur.
Après la fusillade, une carte d'identité aurait été abandonnée dans un des véhicules emprunté par les assaillants, disent les autorités autorisées à le dire...
... et qui leur permet de remonter en quelques heures jusqu'aux coupables!... Dieu est grand! il aide et guide les enquêteurs sur la "bonne piste"...
Peu de temps après, les gendarmes du GIGN sont sur le point de neutraliser les deux frères Kouachi
Pendant ce temps-là, heureusement, la liberté d'expression, celle autorisée, n'est pas morte, elle refleurie de plus belle et les caisses de la presse avec elle.
La veuve de Charlie doit sécher ses larmes, l'enquête sur les commanditaires, même si elle ne sera pas résolue en un clin d'œil, avance à grands pas et se trouve surtout entre de bonnes mains, celles du nouveau chef de gouvernement...
Un dernier hommage est rendu à Charlie, nouveau nom désormais de la religion laïque de la liberté que personne n'empêchera de s'exprimer contre l'Axe du Mal, nan!

Il s'avère, toujours selon les sources autorisées, que les coupables ont été entraînés dans les camps là-bas chez l'ennemi...
Au final, tout cela est bien bête, Ben Netanyahou avait pourtant prévenu, sous forme de menaces, l'imminence de représailles...

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